Tailles légales de capture : les repères par espèce
Avant de garder une prise, un pêcheur doit vérifier sa taille, l’espèce concernée et la zone où il se trouve. Les tailles légales de capture sont des seuils minimaux, mais des règles locales peuvent imposer davantage.
Un bar mesuré à Roscoff et un bar mesuré à Sète ne relèvent pas nécessairement du même repère. Pour éviter une erreur coûteuse, mieux vaut comprendre les mailles réglementaires et les autres obligations avant de partir.
A retenir :
- Vérification des tailles selon l’espèce et la façade maritime
- Mesure précise avant conservation de chaque prise
- Contrôle des règles locales, marquages et déclarations éventuelles
- Relâche immédiate des poissons trop petits ou interdits
Tailles légales de capture en mer : repères par espèce
Ces repères dépendent d’abord de la façade maritime, ce qui explique les écarts entre certaines espèces identiques.
Tailles minimales selon la façade
Pour les espèces marines, la réglementation distingue notamment la Manche, la mer du Nord et l’Atlantique de la Méditerranée. Le tableau donne des repères issus des données réglementaires fournies, à confronter aux textes en vigueur avant chaque sortie.
Espèce
Manche, Atlantique, mer du Nord
Méditerranée
Bar
42 cm
30 cm
Dorade royale
23 cm
23 cm
Merlu
27 cm
20 cm
Rouget barbet
15 cm
11 cm
Sole
24 cm, ou 27 cm en zone CIEM 7
20 cm
Le bar illustre clairement l’importance de la zone : un seuil valable sur une façade ne s’applique pas automatiquement ailleurs. Le lieu jaune demande aussi une vigilance particulière, car les données fournies indiquent un minimum de 42 cm dans certaines zones atlantiques.
Repères marins à contrôler :
- Façade concernée et zone de capture exacte
- Espèce identifiée sans confusion avec une espèce proche
- Taille minimale applicable au lieu de pêche
- Arrêtés locaux et éventuelles périodes de pêche
Selon l’arrêté ministériel du 26 octobre 2012 modifié, les tailles ou poids minimaux varient selon l’espèce et parfois la zone géographique. Les règles locales peuvent relever le seuil national, d’où l’intérêt de consulter la préfecture maritime ou la direction interrégionale de la mer.
Mesure des poissons et crustacés : éviter les erreurs
Une fois le seuil repéré, la mesure des poissons doit être faite correctement, car quelques centimètres peuvent changer la décision.
Mesurer poissons, homards et crabes
Pour un poisson, placez la bouche fermée contre le repère et mesurez jusqu’à l’extrémité de la nageoire caudale, queue étirée. Les crustacés se mesurent autrement : la longueur du céphalothorax concerne notamment le homard, tandis que le tourteau se mesure en largeur de carapace.
Espèce
Mesure indiquée
Seuil fourni
Homard européen
Longueur du céphalothorax
9 cm
Langouste rouge
Longueur du céphalothorax
11 cm
Tourteau au nord du 48e parallèle
Largeur maximale de carapace
14 cm
Tourteau au sud du 48e parallèle
Largeur maximale de carapace
13 cm
Étrille
Largeur de carapace
6,5 cm
Un tourteau de 13,5 cm peut ainsi satisfaire le seuil indiqué au sud du 48e parallèle, mais pas celui prévu au nord. En cas de doute sur l’espèce ou la mesure, relâcher l’animal vivant reste le choix le plus prudent.
Matériel utile pour mesurer correctement :
- Mètre rigide ou ruban pour les poissons
- Pied à coulisse pour les petits crustacés
- Repère de mesure adapté à chaque espèce
- Règles locales consultées avant le départ
Selon les textes encadrant la pêche maritime de loisir, les captures doivent rester entières jusqu’au débarquement afin de permettre le contrôle de leur taille. Un matériel simple à bord aide à mesurer sans approximation et à décider immédiatement de garder ou relâcher.
Réglementation de la pêche : marquage, quotas et contrôles
La taille n’est qu’un volet des règles applicables : le marquage, les quotas de pêche et les restrictions locales complètent la protection des espèces.
Marquage et règles locales à vérifier
Pour certaines espèces marines, le marquage consiste à retirer la partie inférieure de la nageoire caudale, sans empêcher la vérification de la taille. Les espèces concernées et le moment du marquage sont définis par l’arrêté du 17 mai 2011 modifié.
Selon les données fournies, certaines espèces comme le maquereau, le homard et la langouste font l’objet de modalités particulières au débarquement. Les arrêtés de parc marin ou préfectoraux peuvent aussi imposer des seuils supérieurs, des périodes de fermeture ou une interdiction complète.
Avant de quitter le port, vérifiez les obligations suivantes :
- Tailles et mailles réglementaires propres à la zone
- Espèces soumises au marquage obligatoire
- Quotas de pêche et périodes de pêche en vigueur
- Restrictions temporaires des parcs ou préfectures maritimes
Sanctions et préparation avant la sortie
Une prise trop petite ou une espèce interdite peut entraîner des sanctions pénales ou administratives, selon la nature de l’infraction. Les montants et procédures dépendent du texte applicable ; les plafonds mentionnés dans les données fournies atteignent 22 500 euros pour certaines infractions.
En pratique, un pêcheur qui prépare un guide des tailles par espèce doit noter la zone, la mesure et les obligations associées. Il peut également vérifier les quotas et les fermetures avant de partir, puis garder son matériel de mesure accessible pendant la pêche.
Source : Arrêté ministériel du 26 octobre 2012 modifié, Légifrance ; arrêté ministériel du 17 mai 2011 modifié, Légifrance.